TSH et ses SOI-DISANT LIMITES NORMALES

TSH et ses SOI-DISANT LIMITES NORMALES

Comment est diagnostiquée l'hypothyroïdie?
La mesure de la TSH est généralement considérée comme le meilleur test de dépistage d'une maladie de la thyroïde. Normalement, l'hypophyse sécrète la TSH en réponse à des taux circulant d'hormones thyroïdiennes bas (T4 libre et/ou T3 libre). Ainsi, un niveau élevé de TSH au-delà de l'échelle de référence normale suggérerait typiquement une insuffisance thyroïdienne.
Les valeurs de référence normales diffèrent d'un laboratoire à l'autre et d'un continent à l'autre. En France, la TSH est considéré comme normale entre 0,5 et 5.0 mUI/l (TSH inférieure à 0,5 indiquant une hyperthyroïdie, supérieure à 5.0 indiquant une hypothyroïdie). En Israël, la norme est comprise entre 0,3 et 5,4 avec des variations en fonction du laboratoire, par exemple 0,3 à 4,5. Aux USA, jusqu'en 2002, les valeurs normales de la TSH étaient de 0,5 à 4,5.

L'élévation de la TSH est considérée refléter la sensibilité de l'axe hypothalamo-hypophysaire à un taux inadéquate en hormone thyroïdienne dans le sang (taux bas) qui correspondrait à l'hypothyroïdie. Mais c'est sa sensibilité qui crée un dilemme. Alors que leur glande thyroïde est défaillante, on retrouve chez certains patients des taux sériques élevés de TSH, suggérant une hypothyroïdie, mais avec des taux normaux d'hormones thyroïdiennes T4 et T3 libres (caractéristique de l'hypothyroïdie infra-clinique) - ces hormones ne sont que légèrement diminuées mais situées encore dans leurs valeurs normales.
Sans aucun doute, une élévation de la TSH au-delà de 4,5 ou 5,0 mUI/l fera poser le diagnostic d'hypothyroïdie, mais la grande majorité des patients hypothyroïdiens ont des taux de TSH en dessous de cette limite; le diagnostic aura échappé et ils ne recevront pas de traitement. Ainsi, une TSH normale n'exclut pas une hypothyroïdie. Même si le test sanguin indique des taux normaux, cela ne signifie pas pour autant un fonctionnement normal de la thyroïde ou une régulation adéquate du métabolisme. La TSH souvent ne reflète pas ce qui passe réellement. Et ce qui est normal pour une personne ne l'est pas nécessairement pour une autre. Les besoins en hormones sont différents pour chacun d'entre nous.
La TSH peut être perturbée par divers facteurs, tels l'hypopituitarisme, le stress, une maladie sévère (non reliée à la thyroïde), ou pendant le premier trimestre de la grossesse.

Ainsi, le problème de base que la médecine traditionnelle a avec le diagnostic de l'hypothyroïdie concerne la soi-disant "norme" de la TSH qui est beaucoup trop élevée. La TSH mesure une hormone pituitaire et non thyroïdienne. Ce test donne une mesure précise de la TSH sérique mais pas la hauteur des taux d'hormones thyroïdiennes circulantes.
Depuis 2002, l'AACE (Association américaine des endocrinologues cliniques) semble avoir résolu le problème. L'AACE considère désormais que les normes de référence de la TSH se situent entre 0,3 et 3,0 mUI/l et estime donc que 27 millions d'Américains souffrent d'hypothyroïdie au lieu des 13 millions avec les normes précédentes.
En abordant le traitement, je reviendrai sur ce problème crucial qui devrait permettre de prendre en compte de nombreux cas d'hypothyroïdie jusqu'ici ignorés en raison d'une soi-disant TSH "normale".

Les tests thyroïdiens devraient comporter de façon systématique les dosages sanguins suivants: TSH, T4 libre, T3 libre et deux anticorps antithyroïdiens (anti-thyroïde peroxidase et anti-thyroglobuline). Ce n'est malheureusement pas le cas dans la pratique courante.

Une exception: une hypothyroïdie avec TSH basse
Un taux bas de TSH en présence d'un taux bas de T4 libre et d'une symptomatologie évocatrice d'une hypothyroïdie peut indiquer un hypopituitarisme. Ce type de trouble thyroïdien est appelé hypothyroïdie "secondaire" ou "central". Cependant, la TSH peut être aussi dans la norme dans des cas d'hypothyroïdie centrale. Un test appelé test de stimulation par la TRH (Thyrotropin Releasing Hormone) peut aider à distinguer l'origine du trouble au niveau hypothalamo-hypophysaire. Ce test requière l'injection de l'hormone TRH.
 

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