Lhypothyroïdie et la grossesse

Lhypothyroïdie et la grossesse

Trois situations se présentent, l’hypothyroïdie avant, pendant et après la grossesse.

L’hypothyroïdie se manifeste par de la constipation, des crampes, une prise de poids, des troubles de l’humeur, des troubles du sommeil, une fatigue, une frilosité, une peau sèche, des règles parfois irrégulières. En dehors de la grossesse, elle est due à une chirurgie de la thyroïde, à une cause iatrogène (médicamenteuse), au décours d’une radiothérapie de la tête et du cou, à une cause centrale hypophysaire ou à une thyroïdite auto-immune d’Hashimoto.

Avant la grossesse, l’hypothyroïdie peut affecter la fertilité, avec difficulté de tomber enceinte, ou accroitre le risque de fausses couches. C’est pourquoi il est important de diagnostiquer et de traiter une hypothyroïdie avant d’envisager une grossesse. Cela concerne systématiquement les femmes ayant eu des antécédents thyroïdiens personnels ou familiaux, les femmes qui souffrent d’une maladie auto-immune quelle qu’elle soit, les femmes traitées précédemment pour une hyperthyroïdie. Le risque de faire une fausse couche est trois fois plus grand chez les femmes qui ont des anticorps antithyroïdiens que chez celles qui n’en ont pas, même si la fonction thyroïdienne est normale. L’American Thyroid Association préconise le maintien du taux de TSH en dessous de 2,5 mUI/l chez la femme traitée pour hypothyroïdie en âge de procréer et ayant un désir d’enfant.

L’hypothyroïdie peut survenir pendant la grossesse et dans ce cas elle est le plus souvent due à une thyroïdite auto-immune. La grossesse est un état immunologique particulier. Il y a réduction des phénomènes immunitaires pour accepter un enfant qui est génétiquement étranger à la mère à 50 %. Si certaines maladies auto-immunes voient spontanément une amélioration voire une rémission pendant la grossesse, d’autres ne subissent aucun effet ou sont exacerbées. Pour les femmes qui ont une thyroïdite auto-immune avant la conception, la grossesse n'est généralement pas associée à une amélioration ou à une exacerbation de la maladie.

La thyroïdite auto-immune peut survenir pour la première fois pendant la grossesse. Dans ce cas, de nombreux symptômes de l’hypothyroïdie peuvent malheureusement être confondus avec ceux de la grossesse et, par conséquent, la maladie peut n’être pas diagnostiquée ni traitée. Non traitée, elle peut avoir de graves conséquences pour la mère (augmentation du risque de fausse couche, d’hypertension artérielle et de prééclampsie - toxémie gravidique) et pour l’enfant à naitre (retard du développement psychomoteur du nouveau-né).

Lorsque la femme est déjà traitée pour hypothyroïdisme, ses besoins en hormones thyroïdiennes augmentent de 30 à 50 % pendant la grossesse, nécessitant l’adaptation de la posologie selon les résultats de la TSH, T4 et T3. La surveillance doit être régulière, tous les mois au début, le but recherché étant une TSH égale ou inférieure à 1 mUI/l. Les hormones thyroïdiennes maternelles passent à travers le placenta. La glande thyroïde du bébé commence à fonctionner entre le 2ème et 3ème mois de gestation. La prise d’hormone substitutive est sans danger pour le fœtus ni pour le bébé pendant l’allaitement.

Après la grossesse, ce qu’on appelle l’hypothyroïdie du post partum concerne 8 à 10 % des cas, chez des femmes prédisposées génétiquement. Elle est de nature auto-immune et est due à un phénomène de rebond immunitaire. Elle survient environ 3 à 9 mois après l’accouchement et durera de 9 à 12 mois. 20% des cas resteront définitivement hypothyroïdiennes.
Ainsi, une hypothyroïdie n’est pas une raison d’éviter de tomber enceinte. Diagnostiquée et traitée, elle permet de concevoir et de mener à terme une grossesse sans problème pour la mère et l’enfant à naitre, à raison d’une surveillance biologique régulière afin d’adapter si besoin la posologie en hormone thyroïdienne substitutive.

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